Questions pratiques de déontologie : les missions des experts-comptables

La déontologie des experts-comptables est une matière vivante qui ne cesse d’évoluer. Les cas concrets peuvent concerner les missions autorisées ou interdites, le secret professionnel, l’indépendance, la communication, les conditions d’installation et les relations avec le client.

C’est dans le cadre des RDV au 50 organisés par l’OEC de Paris que trois intervenants passionnés reviennent sur l’essentiel des 1 600 réponses apportées aux experts-comptables en 2018.

Les 4 catégories de missions autorisées pour les experts-comptables

Ces missions se trouvent dans les articles 2 et 22 de l’Ordonnance de 1945 modifiée et dans des textes spécifiques.

L’article 2 contient à la fois la prérogative d’exercice (mission traditionnelle) et d’autres missions. Pour Julien Philip, directeur adjoint des affaires juridiques, « la prérogative d’exercice du droit européen désigne une réserve d’activité sans obligation de faire appel à un professionnel ». Ce n’est pas un monopole.

L’article 22 liste les études ou travaux non juridiques qui existent depuis 2015, « sans pouvoir constituer l’objet principal de l’activité » de l’expert-comptable et surtout, « même sans mission comptable principale ».

Depuis 2015, les travaux juridiques sont l’accessoire d’une mission comptable ou d’une mission d’accompagnement déclaratif ou administratif.

Le lien direct avec une mission comptable n’existe plus. Toutes les missions juridiques, même sans lien avec la mission principale peuvent être réalisées sous réserve de respecter ces conditions.

Pour Vital SAINT MARC, vice président de l’Ordre, président de la Commission Déontologie, « la loi Macron a changé la notion d’accessoire. Auparavant, la mission juridique devait être l’accessoire d’une mission comptable principale. Désormais, la mission juridique est l’accessoire des missions de l’article 2 de l’Ordonnance, c’est à dire l’accessoire d’une mission permanente ou habituelle ».

Concrètement, comme le précise Isabelle Faujour, secrétaire générale adjointe, directrice des affaires juridiques, « il est désormais possible de réaliser les contrats de travail pour un client dès lors que le cabinet d’expertise comptable réalise les fiches de paie (accompagnement administratif), même sans mission comptable principale ».

À contrario, dès lors qu’il ne s’agit pas d’un acte juridique, aucune mission permanente ou habituelle (comptable ou administrative ) n’est nécessaire. C’est le cas des PV d’assemblée générale qui ne sont pas un acte sous seing privé mais une preuve littérale.

« L’expert-comptable doit tout de même faire attention aux conseils ou consultations juridiques qu’il peut réaliser en même temps car dans ce cas, il faut une mission permanente ou habituelle ».

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